Cinéma : Spider-Man: Into the Spider-Verse

Faut que je vous parle de Spider-Man: Into the Spider-Verse (ou Spider-Man : New Generation en France). Dès la première image que j’ai vu il y a quelques mois, j’ai été subjugué par le design choisi. Une impression d’ouvrir un comic, tout simplement, et non une impression qu’un studio de cinéma, en l’occurrence Sony Pictures Animation, avait encore une fois mal compris l’œuvre et produit un truc purement marketing. Parce qu’il faut bien l’avouer, les adaptations super-héroïque de nos personnages préférés ne sont pas toutes réussies (coucou DC Comics). Alors si en plus, on s’attaque à Spider-Man, alias le super-héros le plus connu de la planète et probablement le plus aimé, c’est encore plus compliqué.

Heureusement, le trio de producteurs, Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman, a bien compris cela. Ici, pas question de faire un film en synthèse sans aucun charme, ni même de réinterpréter le personnage de Stan Lee et Steve Ditko, et encore moins de proposer un film orienté pour les plus jeunes. Quant au grand public qui connait vite fait Peter Parker, il retrouvera le personnage, mais pas que lui. En effet, au lieu de jouer à la facilité, Spider-Man: Into the Spider-Vers met en scène Miles Morales, un autre Spider-Man créé en août 2011 par le scénariste Brian Michael Bendis et la dessinatrice Sara Pichelli. Comme pour prouver que les comics ne sont pas forcément faits pour les enfants de 10 ans, nous avons ici à faire avec un film bien plus adulte, ce qui n’est franchement pas pour me déplaire.

Scénario arachnéen

Le pitch de base est donc centré sur Miles Morales, un jeune new-yorkais, excellent lycéen, se retrouvant dans une école privée suite à un concours gagné. Loin de son Brooklyn natal, il va tenter de se faire une place dans cette nouvelle école qui ne lui ressemble pas vraiment : tout le monde est riche et souvent blanc. Lui, possède des origines africaines et latines, avec un père flic et une mère infirmière. Quant à son oncle, il fait partie du quartier et de la vie de Miles, lui faisant découvrir de mystérieux lieux dans lesquels il peut s’adonner à sa passion : graffer en écoutant de la musique. Il a donc bien du mal à accepter cette école, mais Miles est un dur et il se dit qu’il y arrivera. Evidemment, qui dit New-York dit aussi Peter Parker, alias Spider-Man. Le tisseur veille sur la grande pomme, tandis que Miles le voit dans les journaux. Sans vous spoiler, il va se passer un truc qui fera basculer l’histoire, tout en intégrant un paquet de personnages.

Pour le reste, il m’est compliqué d’aller plus loin sans vous spoiler. Disons juste que Miles Morales suivra le parcours classique du héros, via une belle origin story très bien amenée. Je m’attendais à un truc un peu moins poussé et honnêtement, je n’ai pas été déçu. Les références aux différents comics Ultimate Spider-Man sont bien présentes, tout comme les différents autres personnages, qu’ils soient méchants ou pas. On voit donc Spider-Gwen (Gwen Stacy), Spider-Ham (Spider-Cochon), Spider-Man Noir (venu des années 1930) et Peni Parker (une gamine Spider-Woman version manga), mais aussi les méchants Wilson Fisk (le Caïd), Doctor Octopus, Prowler (Le Rôdeur), Norman Osborn (Bouffon vert), ou encore Tombstone et Scorpion pour ne citer qu’eux. Bref, du beau monde et surtout, beaucoup de cohérence par rapport au scénario.

Un scénario d’ailleurs très bien ficelé et écrit par un certain Phil Lord, que vous connaissez certainement pour ses films The Lego Movie et The Lego Movie 2: The Second Part (prévu pour cette année). De ce fait, nous avons droit à un scénario qui pioche un peu partout : action, humour (Spidey n’est jamais le dernier pour les blagues !), mais aussi tristesse, tout en se permettant d’appuyer sur la touche « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités », sans jamais vraiment le dire.

Direction artistique magnifique

Si parfois, le scénario d’un film peut totalement sauver un projet un peu moche visuellement, Spider-Man into the Spider-Verse prouve que l’on peut avoir les deux : une histoire impeccable et une direction artistique à tomber par terre. J’ai bien entendu ici et là des critiques sur l’animation, qui a un effet stop motion un peu perturbant, mais forcer de constater que le boulot effectué est immense, menée par une énorme équipe avec Justin K. Thompson à la direction. De mon côté, j’ai adoré cette prise de risque, mêlant des personnages dessinés comme dans les comics, avec des aplats de couleur pour l’ambiance visuelle, sans oublier des objets plus réalistes, des profondeurs de champs et des flous hyper bien incrusté. Franchement, c’est une véritable baffe dans la gueule et cela fait bien longtemps qu’un film d’animation ne m’as pas scotché de cette manière. Alors oui, il y a toujours les Pixar, mais c’est vraiment très différent.

Cette direction artistique est accompagnée d’une bande son tout à fait parfaite pour l’ambiance. D’ailleurs, je me passe l’album en boucle depuis quelques jours, alors que franchement, ce n’est pas forcément ce que j’écoute habituellement. En gros, ça m’a fait le même effet que l’OST de Black Panther: sans le film, jamais je ne l’aurais écouté. Là encore, c’est une force !

Pour rester dans le son, je ne peux aussi que vous conseillez de voir le film en VO. Non pas pour faire mon élitiste (surtout sur un film d’animation), mais juste parce que la production a décidé de choisir de vrai.es acteu.rices pour le doublage. Jake Johnson en Peter Parker est juste parfait, avec le timbre de voix d’un trentenaire, tandis que Shameik Moore (Miles Morales), Hailee Steinfeld (Spider-Gwen), Brian Tyree Henry, Mahershala Ali (Prowler), Liev Schreiber (Wilson Fisk) tiennent tous leurs rôles à merveille… sans compter l’immense Nicolas Cage dans la peau de Spider-Man Noir, juste génialement drôle !

Parce que du côté de la version FR, ce n’est pas du tout du même niveau. Comme si Sony France c’était dit « oh, un Spider-Man ? Pour les ados du coup. » Ce qui fait le casting est totalement pété : Camélia Jordana en Spider-Gwen (oui oui, la meuf de la Nouvelle Star 2009) ou encore le footballeur Olivier Giroud dans la peau du Bouffon Vert. Un gros n’importe quoi qui sent juste le « avec la voix de machin » sur l’affiche, histoire d’attirer les gamins et le grand public.

Bref, Spider-Man: Into the Spider-Verse, c’est un grand oui avec les doigts. C’est hyper dur à faire, mais c’est oui tout de même. On a là un film blindé d’amour pour l’univers du tisseur, qu’il soit de cette dimension ou d’une autre. Une réalisation rarement vue, qui a remporté haut la main le Golden Globes 2019 du meilleur film d’animation. Alors si en plus, on a un scénario parfait qui donne envie d’aller acheter des comics, comment passer à côté ?

Note finale : 5/5

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